9 janvier 2011

De Charybde en Scylla


   
De Charybde en Scylla





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    PLATON    (-428 à -347)


    Qu'est-ce que craindre la mort sinon s'attribuer un savoir qu'on n'a point ?
      (Apologie de Socrate)
    Τι φοβούνται το θάνατο, αν υποθέσουμε δεν ήξερε 
     
  

Ulysse- le chant des sirènes-
Mosaïque de Dougga- Musée du Bardo TUNIS

   



 Extrait du chant XII de L'Odyssée d'Homère
(traduction de Leconte de Lisle, 1818-1894)



  "Maintenant, écoute ce que je vais te dire. Un Dieu lui-même fera que tu t'en souviennes.
  Tu rencontreras d'abord les Seirènes qui charment tous les hommes qui les approchent ; mais il est perdu celui qui, par imprudence, écoute leur chant, et jamais sa femme et ses enfants ne le reverront dans sa demeure, et ne se réjouiront.
  Les Seirènes le charment par leur chant harmonieux, assises dans une prairie, autour d'un grand amas d'ossements d'hommes et de peaux en putréfaction.
Navigue rapidement au delà, et bouche les oreilles de tes compagnons avec de la cire molle, de peur qu'aucun d'eux entende. Pour toi, écoute-les, si tu veux ; mais que tes compagnons te lient, à l'aide de cordes, dans la nef rapide, debout contre le mât, par les pieds et les mains, avant que tu écoutes avec une grande volupté la voix des Seirènes. Et, si tu pries tes compagnons, si tu leur ordonnes de te délier, qu'ils te chargent de plus de liens encore.
  Après que vous aurez navigué au delà, je ne puis te dire, des deux voies que tu trouveras, laquelle choisir ; mais tu te décideras dans ton esprit. Je te les décrirai cependant. Là, se dressent deux hautes roches, et contre elles retentissent les grands flots d'Amphitrite aux yeux bleus. Les Dieux heureux les nomment les Errantes. Et jamais les oiseaux ne volent au delà, pas même les timides colombes qui portent l'ambroisie au Père Zeus. Souvent une d'elles tombe sur la roche, mais le Père en crée une autre, afin que le nombre en soit complet. Jamais aucune nef, ayant approché ces roches, n'en a échappé ; et les flots de la mer et la tempête pleine d'éclairs emportent les bancs de rameurs et les corps des hommes.
   Et une seule nef, sillonnant la mer, a navigué au delà : Argô, chère à tous les Dieux, et qui revenait de la terre d'Aiètès. Et même, elle allait être jetée contre les grandes roches, mais Hèré la fit passer outre, car Jèsôn lui était cher.
   Tels sont ces deux écueils. L'un, de son faîte aigu, atteint le haut Ouranos, et une nuée bleue l'environne sans cesse, et jamais la sérénité ne baigne son sommet, ni en été, ni en automne ; et jamais aucun homme mortel ne pourrait y monter ou en descendre, quand il aurait vingt bras et vingt pieds, tant la roche est haute et semblable à une pierre polie. Au milieu de l'écueil il y a une caverne noire dont l'entrée est tournée vers l'Érébos et c'est de cette caverne, illustre Odysseus, qu'il faut approcher ta nef creuse. Un homme dans la force de la jeunesse ne pourrait, de sa nef, lancer une flèche jusque dans cette caverne profonde.
  Et c'est là qu'habite Skyllè qui pousse des rugissements et dont la voix est aussi forte que celle d'un jeune lion. C'est un monstre prodigieux, et nul n'est joyeux de l'avoir vu, pas même un Dieu. Elle a douze pieds difformes, et six cous sortent longuement de son corps, et à chaque cou est attachée une tête horrible, et dans chaque gueule pleine de la noire mort il y a une triple rangée de dents épaisses et nombreuses. Et elle est plongée dans la caverne creuse jusqu'aux reins ; mais elle étend au dehors ses têtes, et, regardant autour de l'écueil, elle saisit les dauphins, les chiens de mer et les autres monstres innombrables qu'elle veut prendre et que nourrit la gémissante Amphitritè. Jamais les marins ne pourront se glorifier d'avoir passé auprès d'elle sains et saufs sur leur nef, car chaque tête
 enlève un homme hors de la nef à proue bleue.
   L'autre écueil voisin que tu verras, Odysseus, est moins élevé, et tu en atteindrais le sommet d'un trait. Il y croit un grand figuier sauvage chargé de feuilles, et, sous ce figuier, la divine Kharybdis engloutit l'eau noire. Et elle la revomit trois fois par jour et elle l'engloutit trois fois horriblement. Et si tu arrivais quand elle l'engloutit, Celui qui ébranle la terre, lui-même, voudrait te sauver, qu'il ne le pourrait pas.
  Pousse donc rapidement ta nef le long de Skyllè, car il vaut mieux perdre six hommes de tes compagnons, que de les perdre tous."






 
  
 METEO   
  Plus de ciel.
  Tapotis  de la pluie  surles ardoises, 
  Guirlandes brillantes.
  Vivre dans un cocon
 





"Comme nous le savons tous nos souvenirs sont nos plus belles illusions"

 SALIM BACHI- Amours et aventures de Simdbad Le Marin





Heureux qui, comme Ulysse, 
a fait un beau voyage


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

Joachim du Bellay (1522-1560)











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