13 janvier 2011

Déluge

Quarante jours et Quarante nuits


"Arche de Noé: les rats entrent dans le navire."

Sylvie Tesson
Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages



 












L'Arche de Noé- Nino Ferrer



D'abord avancez les girafes
Et puis les vaches et les chevaux
Les crocodiles et les corbeaux
Les souris, les hippopotames
Et les chimpanzés
Rangez-les moi bien dans le ventre
De l'Arche de Noé

Les hommes nous ont gonflé la tête
Avec les guerres et la misère
Et la bêtise, alors on a décidé le déluge
Mais les animaux n'y étaient pour rien
Et c'est pour ça qu'on a fait
L'Arche de Noé

Alors rentrez les hyènes et les serpents
Les autruches, les pies, les dindes et les faisans
Les zèbres, les chèvres, les perroquets
Rangez-les moi bien dans le ventre
De l'Arche de Noé

Les tigres, les aigles, les buffles, les lièvres
Les mouches et les chameaux
Les éléphants, les tortues, les escargots, les marsupiaux
Les chiens, les chats, les puces, les tiques
Les ours et les blaireaux
Rangez-les moi bien dans le ventre
De l'Arche de Noé
Le Déluge
Pentateuque d'Ashburnham(folio009)
Bibliothèque nationale de Paris
Et tous les autres
Qui n'avaient pas pu rentrer
Regardaient la pluie
Qui commençait à tomber
Ils étaient des milliers
Devant la porte fermée
Pendant que la mer emportait
L'Arche de Noé




"L'an 600 de la vie de Noé, au second mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour-là, toutes les fontaines du grand abîme se rompirent, et les écluses des cieux s'ouvrirent. Et le déluge fut sur la terre quarante jours, et toutes les montagnes qui étaient sous tous les cieux furent couvertes." (Genèse 7 versets 11, 17 et19)




Marc Chagall
1961-1966
Huile sur toile
H 236 ; L 234
Musée national Message Biblique Marc Chagall





  
"La seconde partie de l'Épopée d'Atrahasis dit que les hommes exécutent leur tâche à la perfection, mais qu'ils sont cependant très gênants pour les dieux maintenant tous oisifs, qui ne peuvent plus trouver de repos dans le vacarme que font les hommes, d'autant plus que ces derniers ne cessent de se multiplier et que leur nombre croit sans cesse. Pour résoudre ce nouveau problème, Enlil le dieu suprême envoya d'abords de terribles  épidémies, puis la famine pour décimer une grande partie de ses serviteurs. Mais Ea, dieu des eaux douces, protecteur des humains - son œuvre - déjouait toujours ses plans par l'intermédiaire de son protégé Atrahasis, le « très sage », un homme qui prévenait les siens à chaque danger. Enlil, de plus en plus exaspéré, décida d'en finir une fois pour toutes avec les humains en déclenchant le Déluge , et en 
Tablette de l'épopée en écriture cunéiforme
British Muséum

interdisant à Ea de communiquer avec l'un quelconque d'entre eux en tête à tête, afin qu'Ea ne puisse cette fois encore les avertir. Mais ce dernier contourna la difficulté en s'adressant à Atrahasis en songe, et en lui parlant à travers une palissade, lui enjoignant de construire une arche étanchée au bitume et d'embarquer avec lui des spécimens de tous les êtres vivants. À peine l'écoutille avait-elle été fermée, que Nergal arrachait les étais des vannes célestes, et que Ninurta se précipitait pour faire déborder les barrages d'en-haut. Adad étendit dans le ciel son silence-de-mort, réduisant en ténèbres tout ce qui avait été lumineux. Les dieux  Anunnaki enflammèrent la Terre tout entière. Les flots couvrirent même le sommet des montagnes. Six jours et sept nuits durant, bourrasques, pluies battantes, tonnerre, éclairs et ouragans brisèrent la Terre comme une jarre. Les dieux eux-mêmes étaient épouvantés : prenant la fuite, ils escaladèrent jusqu'au ciel d'Anu où, tels des chiens, ils demeuraient pelotonnés. Le septième jour, la mer se calma et s'immobilisa, et l'arche accosta au mont Nishir. Dix jours plus tard, ayant retrouvé ses esprits, Atrahasis prit une colombe et la lâcha ; la colombe s'en fut, mais elle revint. Ensuite, il prit une hirondelle et la lâcha ; l'hirondelle s'en fut, mais elle revint. Enfin, il prit un corbeau et le lâcha ; le corbeau s'en fut, mais ayant trouvé le retrait des eaux, il picora, croassa, s'ébroua, et ne revint pas. Alors, Atrahasis dispersa aux quatre vents tous les spécimens des êtres vivants qui se trouvaient encore dans l'arche, et fit un sacrifice : disposant le repas sur le faîte de la montagne, il plaça de chaque côté sept vases-rituel à boire et, en retrait, versa dans le brûle-parfum, cymbo, cèdre et myrte. Les dieux, humant la bonne odeur, virevoltaient comme des mouches autour du sacrificateur.
Lorsqu'il constata après le désastre que ses plans avaient été une fois de plus déjoués, Enlil retrouva néanmoins son calme, car il avait fini, enfin, par réaliser que la disparition des hommes ramènerait à la situation qui avait entraîné leur création. Pour le récompenser, il accorda alors l'immortalité à Atrahasis, mais fit en sorte que les humains troublent moins sa quiétude, en exigeant d'Ea qu'il diminue la durée de vie des hommes, et en introduisant la maladie, la stérilité, etc.
Par la suite, Atrahasis alla s'établir à l'embouchure des Grands Fleuves, dans le Jardin de Dilnun où demeure Ea. Selon la légende mésopotamienne, il y vit toujours"




METEO

Infimes gouttelettes,
Opacité;
Vent frais venu du Nord.
Immobilité.

  
Ailleurs, dans l'enfance:

Se hisser ,
Monter peu à peu le long du tronc,
De branche en branche.
Echelle du rêve;
Observatoire;
Arche de Noé;
Grand Cèdre.
Grandir, ne pas renoncer.
Vieillir et résister.

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