26 janvier 2011

Istanbul: beauté et fureur

İstanbul














« J'ai passé ma vie à Istanbul, sur la rive européenne, dans les maisons donnant sur l'autre rive, l'Asie. Demeurer auprès de l'eau, en regardant la rive d'en face, l'autre continent, me rappelait sans cesse ma place dans le monde, et c'était bien. Et puis un jour, ils ont construit un pont qui joignait les deux rives du Bosphore. Lorsque je suis monté sur ce pont et que j'ai regardé le paysage, j'ai compris que c'était encore mieux, encore plus beau de voir les deux rives en même temps. J'ai saisi que le mieux était d'être un pont entre deux rives. S'adresser aux deux rives sans appartenir totalement à l'une ni à l'autre dévoilait le plus beau des paysages. »

 (Version de l'auteur) 


                Turquie
                par  Orhan Pamuk.






J'ai aimé:

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

De Mathias Enard

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants débute par un extrait emprunté au livre de Rudyard Kipling, Au hasard de la vie : « Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges, mais n’omets pas de leur parler d’amour et de choses semblables. »

 "13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu'il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l'invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d'un pont sur la Corne d'Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l'étrangeté byzantine, Michel Ange, l'homme de la Renaissance, esquisse avec l'Orient un sublime rendez-vous manqué."




"La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l’aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants. Nous sommes un peuple de relégués, de condamnés à mort. Je ne te connais pas. Je connais ton ami turc ; c’est l’un des nôtres. Petit à petit il disparaît du monde, avalé par l’ombre et ses mirages ; nous sommes frères. Je ne sais quelle douleur ou quel plaisir l’a poussé vers nous, vers la poudre d’étoile, peutêtre l’opium, peut-être le vin, peut-être l’amour ; peut-être quelque obscure blessure de l’âme bien cachée dans les replis de la mémoire.
Tu souhaites nous rejoindre.
Ta peur et ton désarroi te jettent dans nos bras, tu cherches à t’y blottir, mais ton corps dur reste accroché à ses certitudes, il éloigne le désir, refuse l’abandon.
Je ne te blâme pas.
Tu habites une autre prison, un monde de force et de courage où tu penses pouvoir être porté en triomphe ; tu crois obtenir la bienveillance des puissants, tu cherches la gloire et la fortune. Pourtant, lorsque la nuit arrive, tu trembles. Tu ne bois pas, car tu as peur ; tu sais que la brûlure de l’alcool te précipite dans la faiblesse, dans l’irrésistible besoin de retrouver des caresses, une tendresse disparue, le monde perdu de l’enfance, la satisfaction, le calme face à l’incertitude scintillante de l’obscurité. Tu penses désirer ma beauté, la douceur de ma peau, l’éclat de mon sourire, la finesse de mes articulations, le carmin de mes lèvres, mais en réalité, ce que tu souhaites sans le savoir, c’est la disparition de tes peurs, la guérison, l’union, le retour, l’oubli.
Cette puissance en toi te dévore dans la solitude.
Alors tu souffres, perdu dans un crépuscule infini, un pied dans le jour et l’autre dans la nuit."






J'écoute Istanbul



J'écoute Istanbul, les yeux fermés
D'abord une brise légère doucement;
Tout doucement se balancent
Les feuilles sur les arbres dans le lointain,                                                                         http://www.couleurs-d-istanbul.com/
Tout au loin
Les cloches obstinées des porteurs d'eau
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
Tandis que passent les oiseaux
Tout là-haut, par longues bandes criardes
Dans les pêcheries on tire les filets
Les pieds d'une femme baignent dans l'eau
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
Les voûtes du bazar sont fraîches, si fraîches
Mahmut Pacha est tout grouillant de monde
Les cours sont pleines de pigeons.
Des bruits de marteaux montent des docks
Dans le vent doux du printemps flottent des odeurs de sueur
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
Une yali aux sombres embarcadères
Dans sa tête, l'ivresse des plaisirs d'autrefois
Dans les ronflements des vents du sud apaisés
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
Une beauté marche sur le trottoir
Quolibets, chansons, ballades, moqueries
Quelque chose tombe de sa main
Ce doit être une rose
J'écoute Istanbul, les yeux fermés.
J'écoute Istanbul, les yeux fermés
Un oiseau bat des ailes autour de ta robe
Je sais si ton front est tiède ou frais
Si tes lèvres sont humides ou sèches, je sais
Une lune blanche se lève derrière les pins
Je perçois tout du battement de ton cœur
J'écoute Istanbul.

 Orhan Veli (1914 - 1950)







BYZANCE  et  CONSTANTINOPLE


Kanûnî  Sultan Süleyman
Soliman le Magnifique




Un exemple de calligraphie islamique :
 le Sceau impérial de Soliman.





















Constantinople (latin : Constantinopolis , grec : Κωνσταντινούπολις / Konstantinoupolis, arménien : Կոստանդնուպոլիս) est l'appellation ancienne et historique de l'actuelle ville d'Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 à 1930). Son nom original, Byzance (en grec : Byzantion, venant soit du terme grec buzō signifiant « resserré » en référence au Bosphore, soit du mot thrace désignant le « rivage »), reste largement utilisé en histoire.
Les habitants de Byzance sont les Byzantins et ceux de Constantinople les Constantinopolitains (en latin Constantinopolitanibus qui veut dire « aux habitants de Constantinople » est l'un des mots les plus longs de cette langue). Constantinople est la francisation de Konstantinoupolis, qui, en grec, signifie la ville de Constantin. Ce nom lui a été donné en hommage à l'empereur romain Constantin Ier, qui choisit d'en faire la capitale de l'Empire à partir du 11 mai 330 sous le nom de « Nouvelle Rome ». La Souda donne pour l'entrée « Constantinople » (Κ, 2287) :
Fondée par l'empereur Constantin en 330, Constantinople est la capitale de l'empire romain d'Orient que les historiens appelleront plus tard Empire byzantin. Elle est la résidence de l'empereur et le siège du gouvernement.
« Constantinople surpasse autant toutes les autres villes que Rome la surpasse ; et la seconde place derrière Rome m'apparaît bien plus appréciable que d'être nommée première de toutes les autres. Trois cent soixante années ont passé pour l'ancienne Rome depuis le règne d'Auguste Caesar, et la fin de ses jours était déjà en vue quand Constantin Ier le fils de Constant s'est emparé du sceptre et fonda la nouvelle Rome. »




                                  


   


METEO
Du gris, du froid,
Un soleil sale.
Paysage dénudé.
Tristesse.



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