19 décembre 2011

Fruit défendu









Chanter la pomme:
Faire la cour



Où nous retrouvons cette fameuse histoire de pomme apparue en son temps dans le non moins  fameux jardin d’Eden, fort opportunément présentée par un perfide serpent ….



La pomme, symbole de tentation, de lien entre deux désirs est de ce fait restée dans les mémoires comme un objet de séduction et d’attirance. Chanter la pomme, c’est un peu faire le charmeur de serpent...











René Magritte



Ceci n'est pas une pomme

 Le fruit défendu n'étant pas décrit dans le texte biblique, l'arbre de la connaissance du bien et du mal a été assimilé à différentes essences. La tradition juive y voit souvent un figuier qui est présenté comme l'arbre qui permet à Adam et Ève de couvrir leur nudité une fois le fruit défendu consommé.

 La littérature apocryphe chrétienne, à travers l'Apocalypse de Moïse explique qu'à la suite de cet épisode tous les arbres perdent leurs feuilles à l'exception du figuier. Mais on trouve toute sorte d'arbres dans les différentes représentations de la scène. Des représentations judaïques proposent parfois un citronnier, d'anciennes représentations chrétiennes, une vigne - dont la feuille recouvre également la nudité dans l'iconographie - ou encore un dattier voire un cerisier.

  Au Moyen Âge dès le Ve siècle, la tradition chrétienne occidentale identifie l'arbre à un pommier pour plusieurs raisons : à cause de la signature anatomique (pomme d'Adam, pomme assimilée au sein d’Ève), de l'homophonie et de l'homographie en latin entre les mots mālum (long) pour « le pommier » et malum (court) pour « le mal ».

 Si à la Renaissance le fruit défendu tend à se réduire aux deux solutions traditionnelles de la figue et de la pomme dans les représentations, c'est cette dernière qui s'impose progressivement dans l'imaginaire occidental.










    Genèse, chapitre 3




    Gn 3:1-
    Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?
    Gn 3:2-
    La femme répondit au serpent : Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.
    Gn 3:3-
    Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort.
    Gn 3:4-
    Le serpent répliqua à la femme : Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
    Gn 3:5-
    Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal.
    Gn 3:6-
    La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.

      


    Gn 3:7-
    Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus; il cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
    Gn 3:8-
    Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l'homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.
    Gn 3:9-
    Yahvé Dieu appela l'homme : Où es-tu ? dit-il.
    Gn 3:10-
    J'ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l'homme; j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché.
    Gn 3:11-
    Il reprit : Et qui t'a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger !
    Gn 3:12-
    L'homme répondit : C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé !
    Gn 3:13-
    Yahvé Dieu dit à la femme : Qu'as-tu fait là ? et la femme répondit : C'est le serpent qui m'a séduite, et j'ai mangé.
    Gn 3:14-
    Alors Yahvé Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie.
    Gn 3:15-
    Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon.
    Gn 3:16-
    A la femme, il dit : Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi.
    Gn 3:17-
    A l'homme, il dit : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi ! A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie.
    Gn 3:18-
    Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l'herbe des champs.
    Gn 3:19-
    A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise.
    Gn 3:20-
    L'homme appela sa femme Eve, parce qu'elle fut la mère de tous les vivants.
    Gn 3:21-
    Yahvé Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit.
    Gn 3:22-
    Puis Yahvé Dieu dit : Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu'il n'étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l'arbre de vie, n'en mange et ne vive pour toujours !
    Gn 3:23-
    Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d'Éden pour cultiver le sol d'où il avait été tiré.
    Gn 3:24-
    Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie.








    Le jugement du mont Ida


    Le premier récit du Jugement de Pâris se trouve dans les Chants cypriens, une épopée perdue du Cycle troyen dont les événements prennent place avant ceux de l’Iliade.

    Aux noces de Pélée et Thétis sur l'Olympe, tous les dieux sont invités excepté Éris, déesse de la Discorde. Pour se venger, elle leur jette une pomme d'or avec la mention : « Pour la plus belle » — c'est la « pomme de discorde ».
     Trois déesses revendiquent alors le fruit, Héra, Athéna et Aphrodite.
    Afin de mettre un terme à la dispute, Zeus ordonne à Hermès d'emmener les déesses sur le mont Ida, à charge pour Pâris de désigner la gagnante. Le jeune homme accorde finalement le prix à Aphrodite, qui lui a promis l'amour d'Hélène.

    Avant ou après ce jugement, il avait été reconnu pour fils de Priam à l'occasion d'un sacrifice et de jeux funéraires célébrés à Troie; il y fut vainqueur, et sa sœur Cassandre proclama sa qualité. Peu après, à l'instigation. d'Aphrodite, et malgré l'avis de sa femme Oenone, il partait en voyage pour la Laconie 
                                                                                                            Le Jugement de Pâris
                                                                                                                  Lucas Cranach

    pour redemander Hésione, qu'avait enlevée Héraclès, mais, au lieu d'accomplir cette mission, il ravit lui-même la belle Hélène femme de Ménélas, roi de Sparte, qui l'avait accueilli à sa cour.

    D'après l'Iliade, Hélène le suivit de son plein gré; leur union fut consommée dans l'îlot de Cranae. Revenant par l'Égypte et la Phénicie, Pâris rapporta à Troie Hélène et les trésors ravis au roi de Sparte.

    Ce rapt fut l'occasion de la guerre de Troie.

     Pâris y soutint contre Ménélas un combat singulier où il eut le dessous, mais refusa de rendre Hélène, enjeu de ce duel. Il tua Achille d'une flèche au talon; mais lui-même fut blessé par Philoctète (ou par Pyrrhus) d'une flèche empoisonnée; sa première femme Oenone refusa de le guérir, et il mourut à Troie. Il fut recueilli et secouru à ses derniers moments par la bergère Oenone, qu'il avait aimée et épousée dans sa jeunesse, mais qu'il avait depuis trahie et délaissée.

    Homère le représente comme beau et séduisant joueur de lyre, se plaisant à la société des femmes, médiocrement brave et de caractère peu sûr.




    Homère ne fait allusion au jugement de Pâris que de manière indirecte :

    « …Héra et la Vierge aux yeux pers.
    Ceux-là gardaient toute leur haine à la sainte Ilion,
    À Priam et aux siens, depuis que Pâris aveuglé
    Leur avait fait injure, en osant, dans sa bergerie,
    Opter pour celle qui lui offrit l'amère luxure. »








PETITE POMME


La petite pomme s'ennuie
De n'être pas encor cueillie.
Les grosses pommes sont parties.
Petite pomme est sans amie.
Comme il fait froid dans cet automne,
Les jours sont courts, il va pleuvoir.
Comme on a peur au verger noir
Quand on est seule et qu'on est pomme.
Je n'en peux plus, viens me cueillir,
Tu viens me cueillir, Isabelle.
Ah! que c'est triste de vieillir
Quand on est pomme et qu'on est belle!
Prends-moi doucement dans ta main
Laisse-moi me ratatiner
Bien au chaud sur ta cheminée
Et tu me mangeras demain.
 Géo Norge






 
« Un jour, un jour c’est sûr
 Reviendra le jour pur
L’immense jour d’avant le Temps
Alors la femme et l’homme
Retrouverons la pomme
Sans la morsure dedans. »

Claude Nougaro
Paroles de la chanson "Armé d’amour"

















Au verger plus de pomme,
Sous la pierre le serpent est caché,
Premières neiges,
L'hiver est arrivé.






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