5 janvier 2012

L'édifice



Un Homme, des cercles




" L'homme a beau étendre le cercle de ses idées, sa lumière n'est toujours qu'une étincelle promenée dans la nuit immense qui l'enveloppe."

                                                                                                                            Pierre Joseph Proudhon








L’Homme dans le cercle

d’après Mateï VISNIEC


Théâtre et Art Équestre,
des mots et des galops



Notes d’intention

Sur la piste, ils sont souvent trois : le cavalier, le cheval et l’acteur. Dans chaque tableau leur rapport est différent, la dialectique particulière.

Est-ce le cavalier qui guide le cheval ou le cheval qui instruit l’homme, l’intuition éclairant la raison ?

Pour le cavalier marionnettiste, son ambition et sa grâce ne sont-elles pas de parvenir à s’effacer, à vue ? Qui insuffle à l’autre son dynamisme, sa force impulsive et généreuse, l’acteur ou le cheval ? Le cheval représente-t-il la part irréductible de chacun, l’impétuosité du désir résistant à tous les cercles, ou l’autre, ou le double ?

Il faut trois points pour dessiner un cercle... Quand l’acteur est seul, c’est avec les mots qu’il trace un cercle autour de lui. Quel cercle ? - Abri, Cage ?

Résonance entre les mots, l’acteur, la cavalier, le cheval, sa beauté. Résonance avec le public invité avec humour dans ce jeu, de piste.







Opera National de Belgique
Musique:Le boléro deRavel
Chorégraphie:Maurice Bejart
Soliste:Jorge Donn





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Rythme
Robert Delaunay





 
Disque
Robert Delaunay



Le cercle chromatique est une représentation conventionnelle circulaire des couleurs. Celles-ci sont ordonnées comme au sein d'un arc-en-ciel, la fermeture du cercle s'effectuant par une transition du rouge au violet via le magenta.
Généralement, l'orientation des couleurs se fait dans le sens direct (rouge, puis jaune, puis vert, etc.).
Un cercle chromatique peut présenter les couleurs sous forme discrètes (parts du cercle) ou en continu. Il arrive qu'on utilise tout le disque pour présenter les variantes soit en intensité, soit en saturation des couleurs.





Traité de la peinture en mignature (The Hague, 1708),
 reproduced in The Creation of Color in Eighteenth-Century Europ




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Symbolique et Esthétique

La Vénus de Lespugue 




La Vénus de Lespugue ici exposée sera bientôt l'objet d'une étude symbolique complète. Pour
l'instant, nous cherchons l'origine de cette géométrie dans le but de mieux comprendre des oeuvres
beaucoup plus récentes (Kells, Rublev, Dürer, pour ne citer qu'eux). Il est à noter que les trames
paléolithiques se sont révélées après celles du Moyen-Âge. Sans les leçons des grands Maîtres de
l'Art Sacré (Rublev, Dürer etc), il serait difficile d'aborder l'origine de cette Culture.
Questions philosophiques
En marge de l'Histoire, bien des questions se manifestent au simple constat de cette structure. Il est
difficile de supposer aucun plan géométrique formel de la part d'un sculpteur 21 000 ans avant notre
ère. Il est tout aussi improbable que des mesures puissent s'accorder en si grand nombre par le
simple fait du hasard. D'aucun diront que ce schéma est en l'homme, en son code génétique même.
Cette approche est évidemment séduisante. Cependant, peut-être devons-nous la nuancer. Cette
capacité est-elle entièrement dans ce qui engendre la rupture entre l'homme et le singe ? Certes, si
les singes sont capables d'émotions, ils n'expriment pas leur sens du sacré à travers des oeuvres.
Leur "mémoire" n'atteint pas le statut de la nôtre qui "commémore" et "pense au-delà"... Il y a bien
"rupture" entre les deux courants de l'évolution.
Aucun concept n'arrive à séparer l'avènement de l'Art, donc de la Culture, et celui du Sacré. L'idée
même de l'esthétique prend ici un sens très précis, et l'argument de la révélation trouve
naturellement sa place aux débats qui s'annoncent... Y a-t-il un prophète dans la salle, ou à la
rigueur, un philosophe ?

 Les cultures primitives
  
Une idée se dessine au fil de cette étude, quant au résultat du sériel, de la multiplication des mêmes objets d'art par des générations successives. Cette Vénus atteint un haut niveau d'organisation par la structure dans sa composition. Comme nous l'avons évoqué, il paraît improbable que des artistes aient travaillé sur les plans d'une géométrie spéculative pour aboutir à ce résultat, même s'il nous étonne ! Le collectif, dans l'espace de la tribu, comme dans le temps des héritages, a manifestement approché un modèle qui tient de l'absolu géométrique. Ce type de réflexion pourrait intéresser les spécialistes de l'Art Africain Traditionnel (qui fut aussi appelé « Art Nègre »), et Lucien Stephan

[Ref. 1] a depuis longtemps initié cette voie, d'une esthétique qui fonde son "intelligence" sur le collectif. Parallèlement, le Mathématicien Ron Eglash approche l'architecture traditionnelle africaine avec la théorie des fractals [Ref. 2]. L'idée des fractals s'accorde avec celles de série, de tendance vers une limite 'idéale", et de sculpture (où l'on retire ses copeaux de plus en plus fins au bloc initial).

- Ref. 1 : « La sculpture africaine, essai d’esthétique comparée », in L’art africain, Paris, 1988-2008, Editions Citadelles et Mazenod. Auteurs : Jacques Kerchache, expert en arts premiers - Jean-Louis Paudrat, historien d'art - Lucien Stéphan, esthéticien et philosophe - Germain Viatte,conservateur de musée. Code ISBN : 978 2 85 088 441 2
- Ref. 2 : La conférence de Ron Eglash sur ted.com, le site des "idées à partager"







Quadrature du cercle : Archimède et l’Égypte


La quadrature du cercle est un problème classique de mathématiques apparaissant en géométrie. Il fait partie des trois grands problèmes de l'Antiquité, avec la trisection de l'angle et la duplication du cube.
Le problème consiste à construire un carré de même aire qu'un cercle donné à l'aide d'une règle et d'un compas (voir Nombre constructible).
 La quadrature du cercle nécessite la construction à la règle et au compas de la racine carrée de ¶, ce qui est impossible en raison de la transcendance de  :  sont constructibles seulement certains nombres algébriques.

Ce problème impossible a donné naissance à une expression : « Chercher la quadrature du cercle » qui signifie « Tenter de résoudre un problème insoluble »

Mathématiques à Kémèt

1. L’un des grands problèmes de la mathématique grecque fut la quadrature du cercle . Mais ce problème fut attaqué, pour la première fois dans l’histoire des mathématiques, par les géomètres d’Égypte.
Richard J. Gillings n’en pense pas moins : « But his method allows him to find a square nearly equal to a circle, so that we can credit A’hmosè with being the first authentic circle-squarer in recorded history ! » (R.J. Gillings, Mathematics in the time of Pharaohs, New York, Dover Publications, 1982, P. 145 ).
Traduction : « Mais sa méthode lui permet de trouver un carré à peu près égal à un cercle, de sorte que nous pouvons reconnaître que Ahmes passe pour avoir été le premier (géomètre) authentique à inscrire un cercle dans un carré au vu de l’histoire écrite ! ».
A’h-mosé ou Ahmès est le sribe-mathématicien qui a recopié, vers 1650 av. notre ère, le texte mathématique égyptien connu aujourd’hui sous la désignation de « Papyrus de Rhind ». De fait, la méthode de chercher le carré du cercle apparaît, pour la première fois dans l’histoire écrite des mathématiques, avec le problème n° 48 de ce papyrus.
Ainsi, bien après les Égyptiens (vers 1650 av. notre ère), et le géomètre Hippocrate de Chios (Ve siècle av. notre ère), Archimède de Syracuse (vers 287-212 av. notre ère) développe tout un programme de recherche dans la perspective de pouvoir faire la quadrature du cercle .
2. Archimède commence à s’intéresser aux objets dont les grandeurs – longueur, aire, volume – ont quelque chose à voir avec celles du cercle (sphère, cylindre, cône, spirale).
Dans une deuxième étape, il étudie les figures courbes particulières (paraboles et lunules), dont on peut faire la quadrature.
Enfin, dans une troisième étape, Archimède propose une méthode de calcul pour approcher la mesure du cercle.
3. A l’époque d’Archimède, le gymnase ne laissait que peu de place aux disciplines scientifiques et à la géométrie. De plus, Syracuse, la ville natale d’Archimède, ne comportait aucune école de niveau supérieur au gymnase.
Il est évident qu’à cette époque, qui voulait devenir savant allait à Alexandrie…en terre africaine d’Égypte.
Comme autrefois Thalès venant de Milet, ou Pythagore de Samos, Archimède a fait le voyage en Égypte, lui venant de Syracuse, vers le milieu du IIIe siècle av. notre ère. Astronomie, médecine, mathématiques et mécanique, étude de la nature, littérature, grammaire, géographie, florissaient alors à Alexandrie. La bibliothèque du Musée d’Alexandrie avait plus de 500 000 papyrus : tout Homère, la bibliothèque entière d’Aristote, les Tragiques (Sophocle, Euripide, Eschyle), les grandes comédies (Aristophane, etc.), Platon, les récits des voyages, les écrits des poètes, de ceux qui avaient dit comment étaient les nombres (Pythagore), les Éléments d’Euclide (treize volumes).
Mais, surtout, l’immense héritage pharaonique était encore directement lisible avec des savants comme le prêtre et historien autochtone du IIIe siècle av. notre ère, le célèbre Manéthon, auteur d’une Histoire d’Égypte aujourd’hui disparue. Les égyptologues, encore de nos jours, ne font que suivre la chronique manéthonienne des dynasties pharaoniques.
Platon et Aristote, en leur temps, ont célébré les inventions astronomiques, mathématiques, artistiques et linguistiques du génie égyptien.
C’est de Conon, géomètre alexandrin, qu’Archimède apprit une courbe étonnante, faisant plusieurs révolutions autour d’un point dont elle s’écarte un peu plus à chaque tour : la spirale.
Archimède n’avait rien écrit avant son départ en Égypte. C’est de retour à Syracuse, des années plus tard, qu’Archimède rédigea ses traités de mathématiques, en ayant d’ailleurs une pensée pour Conon, lui qui eût été en mesure de comprendre ses écrits et de porter sur eux un jugement autorisé.
4. La quadrature du cercle en Égypte. Les faits ci-après le démontre effectivement.
 

 
C’est le problème n° 48 du Papyrus Rhind.
Cette figure tracée par le scribe représente un cercle inscrit dans un carré. La valeur du signe à l’intérieur de la figure est 9 : c’est à la fois le côté du carré et le diamètre du cercle. Le côté du carré est égal au diamètre du cercle.
Le scribe calcule la surface du carré : 9 x 9 = 81
Il calcule ensuite la surface du cercle : 8 x 8 = 64
Ce qui s’explique : le carré et le cercle ont le côté et le diamètre dans le rapport 8/9. Leurs surfaces sont approximativement égales. Ce dont le cercle dépasse le carré (la partie hachurée) est à peu près égal à ce dont la carré dépasse le cercle (la partie quadrillée). Ainsi :

On peut aussi interpréter les données égyptiennes de cette autre manière. Le cercle est assimilé à un octogone irrégulier dont les dimensions sont indiquées sur la figure ci dessous et dont la surface est 63, mais 64 étant préféré à 63 par le scribe parce que c’est un carré parfait. Ainsi :

Figure : Le cercle est assimilé à un octogone irrégulier.
La surface du carré est : 9 x 9 = 81.
Celle des 4 triangles isocèles qui forment ensemble deux petits carrés de côté 3, est égale à :
(3 x 3) x 2 = 18.
La surface du cercle est donc :
81 – 18 = 63
64 étant préféré à 63 parce que c’est un carré parfait.
Au total, les Égyptiens ont comparé le carré et son cercle circonscrit. Ce qui pose le problème de la détermination du rapport du diamètre et du côté. Ils ont vu que le cercle avait une plus grande surface. Ils ont alors cherché le carré qui a une surface à peu près égale à celle du cercle, c’est à dire le carré intermédiaire entre le carré circonscrit et le carré inscrit. Ils ont noté le rapport 8/9 dans lequel se trouvent le côté du carré et le diamètre du cercle.
Une certaine compréhension des rapports géométriques s’impose de toute évidence. Il faut également mettre bien en relief la compréhension de la constance de l’égalité des surfaces des cercles et des carrés dont les diamètres et côtés sont dans le rapport 8/9, et cela quelles que soient les dimensions absolues de ces figures. Cette constance est comparable à la constance de Pi, du rapport entre la surface et le rayon.
Avec ce rapport de 8/9, c’est donc aux Égyptiens que revient, dans l’histoire des mathématiques, la toute première tentative de résolution de la quadrature du cercle.
5. La quadrature du cercle par Archimède.
Avant Archimède et après les Égyptiens, Euclide, au livre XII de ses éléments, a démontré qu’il y a pour tout cercle un rapport constant entre l’aire de ce cercle et l’aire d’un carré dont le côté est le rayon (la moitié du diamètre) du cercle.
C’est dans son traité La mesure du cercle qu’Archimède s’est attaqué à la quadrature du cercle.

La valeur approximative du nombre Pi à Kémèt est 4 fois 64/81 ,
ce qui donne environ 3,16 (au lieu de 3,14…)
 


Quadrature du cercle par Archimède









La roue du temps



L'Horloge

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;
Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!
Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!"

Charles Baudelaire
 






Le calendrier des Toltèques,
des Aztèques et des Incas


Avant d'être découverte et dominée par les Européens, l'Amérique eut des peuples qui s'élevèrent à une assez remarquable civilisation. Les plus célèbres furent les Toltèques dans le pays occupé aujourd'hui par Mexico et ses environs où ils fondèrent un puissant empire vers le VIIè siècle; les Aztèques, peuplade d'abord barbare venue du nord, qui détruisit l'empire des Toltèques au XIè siècle, s'installa à sa place, mais fut conquise par la civilisation dont elle devint l'héritière, et, dans l'Amérique du Sud, les Incas dont l'empire s'étendait des rives du Pacifique aux Cordillières des Andes, dans une partie du Pérou et du Chili d'aujourd'hui. On peut encore mentionner les Mayas et les Nahoas, dans le Yucatan et l'Amérique centrale, et les Chibchas, habitant le bassin du fleuve Magdalena en Colombie d'aujourd'hui.
Ces pleuples, bien avant l'ère chrétienne et la conquête espagnole, connaissaient l'année solaire, l'usage du gnomon, ainsi que les révolutions de Mars, de Vénus et l'apparition des Pléiades. Dans les champs de Tlathuica, près de Cuernavaca, se trouvent les restes de Xochicalco (ville des fleurs), dont le centre est occupé par une célèbre pyramide à la base de laquelle sont des bas-reliefs représentant des faits historiques, chacun avec sa date selon le calendrier d'alors. Une des tours de la cathédrale de Mexico conserva longtemps à sa base une pierre monolithe contenant le calendrier aztèque. Cette pierre est aujourd'hui au musée national de la ville.
Après s'être primitivement servis, comme tous les autres peuples, de calendriers lunaires, les Toltèques, les Mayas et la Nahoas arrivèrent, plus de trois siècles avant notre ère, à l'année solaire de 365 jours. Ils reconnurent même, ou apprirent d'autres peuples, que cette année était trop courte car, en 249 avant Jésus-Christ, les prêtres et astronomes réunis à Huchuctlapallan décidèrent d'ajouter tous les quatre ans un jour supplémentaire. Ils n'auraient même pas ignoré que cette intercalation ne suffisait pas à faire concorder parfaitement l'année civile avec l'année solaire.
Les Mayas et les Nahoas faisaient commencer l'année au solstice d'hiver qu'ils reconnaissaient au gnomon, lorsque l'ombre produite par le soleil cessait d'augmenter. Des 365 jours de l'année, 360 étaient distribués en 18 mois de 20 jours chacun, dont voici les noms chez les Aztèques :

1.
Atlacamalco
2.
Flacoxipelmaliztli
3.
Fozoztoutli
4.
Huetozoztli
5.
Foxcalt
6.
Etzacualiztli
7.
Tecuhilhmitoutli
8.
Hueytecuhilhuitl
9.
Flaxochimaco
10.
Xocohueztzi
11.
Ochpaniztli
12.
Teotleco
13.
Tecpeihuitl
14.
Quecholli
15.
Panquetzaleztli
16.
Atemoztli
17.
Fitilt
18.
Ytcalli



Ces 18 mois de vingt jours donnant 360 jours, on ajoutait 5 jours supplémentaires, placés à la fin du dernier mois, et un sixième tous les quatre ans.
Pour désigner les vingt jours du mois, les ancêtres des Mexicains se servirent de quatre noms : acalt, tecpalt, calli et tachtli, pour rappeler les quatre vents, les quatre éléments, les quatre saisons et aussi le Soleil, Vénus, la Lune et la Terre. Ils répétaient ces quatre mots dans le même ordre cinq fois de suite dans le mois de vingt jours. Et, bien qu'il n'y eût à l'origine que ces quatre désignations, les mois comportaient des périodes, non de quatre, mais de cinq jours, dont le cinquième était jour de marché. Plus tard, chacun des vingt jours eut son nom particulier :



Nom toltèque
Nom français

1.
Acalt
Roseau
2.
Ocelotli
Tigre
3.
Cuauhtl
Aigle
4.
Cozcacuauhtli
Corbeau
5.
Ollin
Soleil
6.
Tecpalt
Flèche ou silex
7.
Quiahuitl
Pluie
8.
Xochitl
Fleur
9.
Cipactli
Poisson
10.
Ehécalt
Vent
11.
Calli
Maison
12.
Cuetzpalin
Lézard
13.
Cahuatl
Couleuvre
14.
Miquiztli
Mort
15.
Mazatl
Cerf
16.
Tochtli
Lapin
17.
Atl
Eau
18.
Ytzcuiutli
Chien
19.
Ozomatli
Guenon
20.
Mahinalli
Herbe sèche


Les quatre noms primitifs ont été conservés pour désigner les 1er, 6è, 11è et 16è jours. Avant que ces noms fussent exprimés par l'écriture, il le furent seulement par des symboles qui rappellent les hiéroglyphes égyptiens ou les catastérismes chaldéens du zodiaque. Ainsi, le premier jour, avant d'être écrit acalt, qui signifie roseau, était représenté par un roseau; le 16è par une tête de lapin, et les autres par un aigle, une fleur, un lézard, etc. C'est sous cette forme primitive que les anciens monuments expriment les vingt jours du mois.
Les noms cités plus haut sont ceux du calendrier nahoa. Le calendrier aztèque employait les mêmes mots, ou plutôt les mêmes signes, mais disposés dans un ordre différent. Le roseau, par exemple, au lieu d'y être le premier, est le treizième.
Les dix-huit mois étaient également représentés par des symboles gravés côte-à-côte, du premier au dix-huitième, en forme circulaire.



Les Toltèques, les Mayas et les Nahoas avaient en outre une période de 52 ans et une autre de 1 040 ans. Les Aztèques appelaient le cycle de 52 ans Ximhmolpilli, qui signifie le lieu des années. Ils le représentaient par un cercle au centre duquel était l'image du soleil, et autour du soleil un serpent qui en se repliant sur lui-même formait quatre petites boucles aux quatre points cardinaux du cercle. Chaque partie comprise entre deux boucles équivalait à un quart de la circonférence et représentait 13 années du cycle. Les 52 années étaient figurées par les quatre symboles primitifs mentionnés plus haut : acalt (roseau), tecpalt (flèche), calli (maison) et tochtli (lapin). Ces quatre figures sont répétées treize fois dans le même ordre.
Ces peuples avaient enfin la notion des quatre saisons séparées par les quatre points équinoxiaux qu'ils représentaient par les extrémités d'une croix appelée Nahmi ollin, symbole qui causa un étonnement extraordinaire aux Espagnols lors de leurs premières conquêtes.
La représentation des jours, des mois et des années par des symboles donne à la science astronomique des anciens peuples d'Amérique un extérieur de parenté avec celle des Chinois, des Chaldéens et des Égyptiens. Comme les Égyptiens, les Toltèques et les Aztèques se servirent d'hiéroglyphes et n'arrivèrent que très tard à l'écriture. Ils ne connurent pas non plus l'usage des chiffres, en l'absence desquels ils représentaient leurs caractères numériques par des figures symboliques. Enfin, comme en Égypte, on a trouvé dans ces pays des restes de pyramides.
Les peuples de l'Amérique du Sud étaient moins avancés dans la science du calendrier que ceux du Mexique. Les Incas avaient un calendrier luni-solaire. Le solstice d'hiver, qui arrivait chez eux le 21 juin, était un jour de grande fête. Ils le connaissaient par le gnomon. Les Chibchas, peuple primitif de la Colombie d'aujourd'hui et qui fut assez civilisé, n'avaient qu'une année lunaire, formée de douze lunaisons.
Après le XVIè siècle, lors de la conquête du Mexique et du Pérou par les Espagnols, du Brésil par les Portugais, de la colonisation de l'Amérique du Nord par les Français et les Anglais, les deux Amériques adoptèrent le calendrier d'Europe.


Mandala (मण्डल) est un terme sanskrit signifiant cercle, et par extension, sphère, environnement, communauté. Puisqu'il désigne avant tout l'entourage sacré d'une déité, il est encore préférable d'appeler yantra les représentations plus stylisées. Le diagramme symbolique du mandala peut alors servir de support de méditation. Certains mandalas, très élaborés et codifiés, en deviennent semi-figuratifs, semi-abstraits.



Le tantra de kalachakra (sanskrit: कालचक्र; IAST: Kālacakra; telugu : కాలచక్ర tibétain: དུས་ཀྱི་འཁོར་ལོ།; Wylie: dus-kyi 'khor-lo) est avec son commentaire vimalaprabha (sk. « lumière immaculée », tib. dri-med ‘od) le principal support de l’enseignement kalachakra du bouddhisme tibétain. Kalachakra signifie cycle temporel, ou la roue du temps. C’est un texte particulièrement important dans la tradition gelugpa, connu aussi chez les sakyapa et les kagyupa ; le kalachakra était l’enseignement tantrique principal de l'école jonang. Il appartient à la classe la plus élevée des anuttarayoga tantra.
Ce texte introduit au Tibet au XIe siècle se détache des autres tantras de sa classe par un langage assez clair et le recours fréquent à des termes ou notions hindous (puranas, sankhya) ou jaïns2. La tradition prétend d’ailleurs que lorsqu’il fut présenté à Nalanda, il ne fut pas immédiatement accepté comme bouddhiste et qu'au Tibet même, Rendawa Shyönnu Lodrö, maître de Tsongkhapa, exprima des réserves.
Le tantra et son commentaire sont la source première du mythe de Shambhala, royaume idéal que seuls certains peuvent atteindre. On y relate, entre autres, comment un roi de Shambhala apparaitra dans le monde pour combattre les barbares et établir un âge d’or. Le corpus kalachakra a donc fait l’objet, parallèlement à son usage de guide de yoga, d’interprétations millénaristes, voire occulto-politiques en dehors du monde bouddhiste.
Le tantra a exercé une grande influence sur la cosmologie et le calendrier tibétain.
La tradition du kalachakra tourne autour des concepts du temps et des cycles : du cycle des planètes, du cycle respiratoire, et du contrôle des énergies les plus subtiles qui sont dans le corps de chacun afin d'atteindre l'illumination. Son texte principal est le tantra de kalachakra.
La déité du kalachakra représente un bouddha et son omniscience. Tout est sous l'influence du temps, et lui est le temps donc sait tout. De même, la roue (du temps) n'a ni début ni fin.








La vie:  ligne droite ou cercle? 


L'image de la ligne pour représenter le temps domine notre conception moderne de la durée. Il y a en arrière du temps une longueur de temps qui va à l'infini et notre pauvre existence ne tiendra que sur un petit segment de droite, la demi-droite du futur ne nous est pas accessible. Il est dans la nature de la vigilance de propulser la conscience en avant, dans la visée d'une intention, d'un ob-jet. Qui dit visée, dit flèche dirigée vers un but, donc entre l'arc et la cible, c'est encore une ligne que nous pensons. La conscience de la veille est elle-même comme une flèche qui vise un objet. Quoi de plus naturel donc que d'étendre cette condition de notre vécu et de penser que le temps est une ligne droite qui va à l'infini dans le passé et dans le futur.
Pourtant la science nous montre que la nature fonctionne dans des cycles: cycle de la reproduction, cycles biologiques, cycles des climats etc. Un cycle suppose une évolution circulaire et non linéaire. Curieusement c'est bien cette représentation du temps qui a dominé dans les cultures traditionnelles. Le temps ne fonctionne pas en suivant une ligne mais en cercle.
La question se pose donc de savoir si l'analogie de la ligne est pertinente. En quoi notre représentation du monde serait-elle modifiée si nous concevions le temps comme un cercle ou une spirale, plutôt que comme une ligne

« Que dirais-tu si un jour, si une nuit , un démon se glissait jusque dans ta solitude la plus reculée et te dise : « Cette vie telle que tu l’as vécue, tu devras la vivre encore une fois et d’innombrables fois ; et il n’y aura rien de nouveau en elle, si ce n’est que chaque douleur et chaque plaisir, chaque pensée et chaque gémissement et tout ce qu’il y a d’indiciblement petit et grand dans ta vie devront revenir pour toi, et le tout dans le même ordre et la même succession [...]. L’éternel sablier de l’existence ne cesse d’être renversé à nouveau – et toi avec lui, ô grain de poussière de la poussière !
Si cette question exerçait sur toi son empire, elle te transformerait, faisant de toi, tel que tu es, un autre, te broyant peut-être : la question posée à propos de tout et de chaque chose : « voudrais-tu ceci encore une fois et d’innombrables fois ? » pèserait comme le poids le plus lourd sur ton agir ! Ou bien ne te faudrait-il pas témoigner de bienveillance envers toi-même et la vie, pour ne désirer plus rien que cette dernière, éternelle confirmation, cette dernière, éternelle sanction !
Nietzsche
 Le Gai Savoir (aphorisme 341).

« toutes les choses dansent d’elles-mêmes : tout vient et se tend la main et rit et s’enfuie, et revient.
Tout s’en va, tout revient ; éternellement roule la roue de l’être. Tout meurt, tout refleurit, éternellement se déroule l’année de l’être.
Tout se brise, tout est assemblé de nouveau, éternellement se bâtit la même maison de l’être. Tout se sépare, tout se retrouve ; éternellement l’anneau de l’être reste fidèle à lui-même.
A chaque bref instant commence l’être, autour de chaque ici roule la sphère là-bas. Le milieu est partout. Le chemin de l’éternité est courbe. » -
Nietzsche
Ainsi parlait Zarathoustra







L'Ouroboros, image de la vie et du temps en leur éternel recommencement. En alchimie, l'ouroboros est un sceau purificateur. Il symbolise l'éternelle unité de toute chose, incarnant le cycle de la vie, de la naissance à la mort. Le chimiste August Kekulé a toujours affirmé qu'un anneau en forme d'ouroboros lui a inspiré sa découverte de la structure du benzène.
Fulcanelli écrit : " la lettre S qui emprunte la forme sinueuse du serpent, correspond au khi de la langue grecque et en prend la signification ésotérique. C'est la trace hélicoïdale du soleil parveu au zénith de sa courbe à travers l'espace, lors de la catastrophe cyclique. C'est une image théorique de la bête de l 'Apocalypse, du dragon qui vomit, aux jours du Jugement, le feu et le soufre sur la création macroscopique. " (Le Mystère des Cathédrales et l'interprétation ésotérique des symboles hermétiques du grand œuvre, Fayard, 1925)




L'Infini, l'éternité, le Tout
Dans la mythologie grecque, l'Ouroboros est un serpent (ou un dragon selon les représentations) "qui se mord la queue" pour former un tout indifférencié. Il est la perpétuelle rénovation de la nature. Symbole de l'infini, il est l'union entre la fin et le commencement, le commencement et la fin.
Ce Serpent qui se mord la queue peut être retrouvé dans de nombreuses cultures. Il encercle la tortue qui supporte les quatre éléphants qui à leur tour portent le monde dans la mythologie indienne, il est le sceau purificateur en Alchimie, il encercle le monde et protège l'Arbre Yggdrasil dans la cosmologie nordique, il fut également repris par les mathématiciens pour dessiner la lemniscate, ce huit couché symbole là encore de l'infini.




Jean Perréal le rime comme suit dans sa Complainte de Nature à l'Alchymiste errant :
En tout, par tout est mesme essence
Auquel pas ne fait difference
Entre animal et vegetal,
Et mineral, fut-ce metal
Qui t'enamoure : je l'ai trait
D'illui limon d'où tu es fait.
Homs ont l'estre comme metaulx,
Vie et augment des vegetaulx,
Instinct et sens comme les bruts,
Esprit comme ange en attributs,
Et s'acompare à toutes choses
Qui sont en macrocosme encloses.
Ung en tout, comme tout en un.




illustration de l'ouvrage alchimique Orus Apollo, 1543




METEO

Tempêtueux vent d'hiver,
Grincement des volets,
Douceur du logis clos,
Engourdissement.



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